Report du Groezrock (by Juliette & Matt - 03/05/2013)

Un Groezrock c'est toujours pareil ! Quoi "non" ? Ben si ! On va vous expliquer ;-)

Un Groezrock c'est toujours pareil, dans le sens où chaque année, on va avoir le droit à des belles surprises, des valeurs sûres, des grosses déceptions, des confirmations, des groupes qu'on pensait pas aller voir et qu'on regrette pas d'avoir vu, des groupes qu'on rêvait de voir et qu'on a juste envie de brûler après, et des groupes qu'on voulait vraiment, mais alors vraiment voir, et qu'on a réussi à louper (les causes peuvent être multiples : excès de bière, oubli, problème de timing, impossibilité d'entrer sous la tente...)

Allez on va commencer par les déceptions. Notre première déception : avoir manqué le set de Nations Afire sur la MacBeth. Bon quelle idée aussi de les avoir fait jouer là... Encore là en l'écrivant ça me fait chier. Attila, ensuite... Ben franchement rien à dire, les mecs sont en place, scéniquement ils sont très bons. Mais on est pas plus convaincus que ça. Beaucoup de bruit pour pas grand chose en somme. Dans une moindre mesure, le set des Flatliners nous a pas transportés, alors que franchement on adore leurs disques. Mais notre grande, TRÈS GRANDE, déception, c'est incontestablement The Used. On ne sait pas par quoi commencer tellement c'était à chier. Ah ben si commençons par le commencement : c'est le seul groupe de tout le Groezrock a avoir été en retard pour leur set. Et pas de 5 minutes, non, non. Juste quinze minutes, histoire de bien montrer qu'ils se prennent pour des stars. Et si encore leur set était bien... Mais non, c'est pas en place, McCracken chante faux... Bref on n'a même pas fait l'effort de rester jusque la fin. D'ailleurs le public ne s'y est pas trompé, la Main Stage a eu beaucoup de mal à se remplir mais beaucoup moins à se vider. Et on vous parle même pas des tweets qui ont fleuri sur l'écran géant dans les minutes qui ont suivi... Ah une autre déception tiens : l'augmentation du prix des bières ! L'an dernier c'était 6 tickets pour 10 euros, maintenant c'est 5...

Au niveau découvertes, on a tout d'abord pu apprécier la tenue de scène de The Rocket. Au delà de leur tenue vestimentaire, les belges sont plutôt efficaces. C'est bien mais ça nous a pas plus marqué pour autant. On a par contre pas mal apprécié le set de Far From Finished et la performance de leur chanteur [mode politiquement incorrect : ON] qui de loin avait des airs du chanteur de Fall Out Boy mais qui a bien y regarder avait plus de Jamel Debbouze (oui désolé c'était facile) [mode politiquement incorrect : OFF]. On a aussi pu voir pour la première fois Implants en live. Autant on avait été convaincus par les premiers titres qui étaient sortis, autant sur scène ça parait un peu trop convenu. Et pourtant, leur début de set et l'anecdote qui y est associée nous laissaient présager du meilleur. En effet, alors que ça n'avait pas encore commencé, un type dormait contre une structure de la scène Etnies, 5 minutes après le début du set, le même mec faisait un slam. Bon au final quand on a quitté la tente, il était parti redormir... Une bonne découverte avec Scorpios par contre. Bon ils font un peu papys qui sentent la guimauve mais malgré tout ça reste ultra effcicace. Un de nos bons passages sur la scène acoustique tout comme Rocky Votolato.

On a aussi eu la confirmation du talent de certains groupes. Ici pas de surprise, on savait à quoi s'attendre et ça l'a fait. En particulier tous les groupes où ça faisait pouet pouet ont confirmer leur talent et leur capacité à faire bouger une scène. Streetlight Manifesto reste toujours aussi efficace en live. Rocket From The Crypt ont eux aussi fait parler la poudre avec un surf punk atypique dans la programmation mais qui ne dénotait pas compte tenu du talent du combo. Mention spéciale dans le style à Less Than Jake. C'est tout simplement le premier groupe a vraiment avoir mis le feu à la Main Stage. Bref une grosse fiesta qui met de bonne humeur principalement soutenue par leurs vieux tubes (Automatic, Johnny Quest pour ne citer qu'eux...). Dans la veine des groupes qui ont pu toucher votre petit coeur rendu émotif par l'accumulation de bière, on notera les bonnes prestations de The Ataris et de The Starting Line. Dans un autre style Pulley a fait du Pulley. Bon l'heure de passage n'a pas permis de pouvoir apprécier le set à sa juste valeur car c'était quand même assez mou sous la tente de la Main Stage. C'était bien rempli par contre pour les très attendus A Wilhelm Scream. Encore une fois, pas de surprise, c'est toujours aussi jouissif de les entendre et de les voir jouer. Et les voir jouer The Horse en live ça n'a pas de prix. Une mention spéciale enfin pour Strung Out. Ils commencent à vieillir les pépères mais comment expliquer que des morceaux qui ont plus de 10 ans pour la plupart sonnent aussi actuels. Faut croire qu'ils avaient pris de l'avance et en live ça rendait bien. Et que dire de Frank Turner accompagné des Sleeping Souls. On les avait déjà vu avec les Dropkick Murphys à Paris et on avait déjà été conquis par leur prestation. Frank Turner a encore confirmé tout le bien qu'on pense de lui et de son talent. Il a toujours cet esprit communicatif qui lui a permis de mettre le public à ses pieds (au sens propre), comme on peut le voir ci-dessous.



Dans la catégorie "on s'est pris une claque qu'on attendait pas", on citera tout d'abord Riverboat Gamblers. C'est la première fessée qu'on s'est prise. C'est super efficace, ça envoie et surtout le chanteur est en transe pendant tout le set. Bref c'était vraiment génial. Deuxième bonne claque avec les gamins de The Story So Far. Ca envoie du lourd pendant tout le set, même si le chanteur a le charisme d'une moule morte. Mais ce sont de vraies bêtes de scène et ils ont super bien géré les débordements inhérents à la Etnies. Un groupe qu'on aimait bien en CD mais pour lequel on savait pas à quoi s'attendre en live (ben oui on a pas eu de place pour aller au Shaka Laka le vendredi non prévoyants que nous sommes) c'était Masked Intruder. Et bien c'est aussi bien, voir mieux en live. A noter Heart Shaped Guitar et la troupe de choristes venues du public pour faire la deuxième voix sur la chanson. Enfin, un groupe qu'on allait écouter à reculons mais qu'on aurait eu un tort énorme de pas aller voir : August Burns Red. Musicalement ça déboite et l'ajout de samples de tous les côtés donne aux morceaux une atmosphère vraiment particulière. On a aussi bien apprécié les pas de danse du chanteur sur Internal Cannons et leur intro électro juste... improbable.

Enfin, un petit mot sur les valeurs sûres du Groezrock, ces groupes qui nous ont donné un grand sourire par leur prestation. On commencera par Billy Talent. C'était juste magique. Des riffs toujours efficace, un chanteur au charisme de dingue, carré, propre. Parfait. On vous laisse cette petite vidéo en guise de preuve :



Un petit mot aussi sur les Aquabats. nos nouveaux super héros préférés. Ils remballent même Wolverine et Captain America. Au moins. On a adoré leur côté décalé et leur zic tout simplement. C'est parfois un peu "too much", mais au moins on se marre. Il y a plein de gens qui ont critiqué l'évolution de Rise Against, disant que maintenant c'était tout mou du genou,... On est pas d'accord. Leur set était cool et ils ont quand même des chansons mythiques ces types. Enfin, on est obligés de parler ici de deux groupes mythiques. Mythiques à plus d'un titre : leur logévité (25 ans et 33 ans de carrière), leurs tubes, leur histoire, leur capacité à faire vibrer la foule... Oui oui on parle de Pennywise et de Bad Religion. Pour Pennywise, on a pu apprécier le retour de Jim Lindberg à sa juste valeur. On avait face à nous un Pennywise historique avec tout le sens que porte ce terme. Pas de trace du dernier album donc, mais des tubes venus de tous les anciens albums. On reste sous le charme. A noter aussi les reprises comme celle de Territorial Pissings de Nirvana et enfin, bien évidemment, le Bro Hymn juste magistral :



Et pour finir, les stars de ce Groezrock, les références de la scène punk depuis si longtemps : Bad Religion. Pour la petite histoire leur prestation nous a provoqué cette réflection : qui va les remplacer quand ils seront plus là ? On a toujours pas la réponse. En tout cas, on a eu le droit à un joli melting pot entre tubes du dernier album (True North, Dharma and the Bomb, Nothing to Dismay,...) et à leurs tubes historiques (Sinister Rouge, American Jesus, Against the Grain, Suffer, No Control,...). Le tout bien évidemment joué à la perfection, et ce même à une seule guitare (mais quelle dextérité). Et bien sûr, Greg Graffin reste toujours aussi impeccable. Allez un petit clin d'oeil au mec qui a réussi à monter sur scène en déjouant la sécurité ;-). On vous laisse True North en souvenir.



En concluion, c'était vraiment un bon Groezrock. Et comme tous les ans, on attend le prochain avec impatience.

L'avis de ma maitresse
Mes bichons… Je ne sais même pas par où commencer. C’était la première année que mon croustillon à la fraise m’emmenait avec lui au Groezrock. Laissez-moi-vous dire que rien que de passer la grille de l’entrée et après avoir enjambé les premiers cadavres de bouteilles, j’étais déjà au bord de la crise de panique de groupie. Rien que le line-Up m’a rendue dingue. Avant de vous parler de mes coups de cœur, de ma rancœur et de mes découvertes orgasmisques, je crois que la phrase qui selon moi résume le mieux mon expérience au Groezrock est la réplique de Frank Turner lors de son interprétation de « Photosynthesis »: « Nous allons nous lever, sauter et danser. Nous allons prouver au monde que ce que nous faisons ici dans ce festival, c’est quelque chose de bien plus intéressant que de baiser et de se droguer. La vérité c’est que nous sommes tous différents, nous venons tous d’horizons, de pays, de mondes différents, mais aujourd’hui nous laissons tous nos différences et nos merdes devant la porte. Aujourd’hui nous sommes égaux, et nous prenons soin les uns des autres. C’est ça le punk rock ! ». Bordel les gars… C’est ça le Groezrock.

Mes coups de cœur d’abord… Frank Turner, bien entendu. Mais ce garçon est l’homme de ma vie, même si il ne le sait pas encore. C’est quand même le seul artiste que je connais qui arrive à faire danser ensemble un punk-a-chien et une minette qui c’était perdu par là. J’ai envie de vous citer The Story So Far aussi… Ces bébés rockeur m’ont fait vibrer. Et autant vous dire que vue le bordel qui régnait sur la scène Etnies, qu’ils aient réussi à donner un set pareil relève du miracle. Far From Finished aussi… Mon premier set au Groezrock. Un chanteur qui slam a 10h du matin, ça force le respect. Et puis il y a eu August Burn Red aussi… Autant vous dire que pour eux, c’était pas gagné. Mais bon, oser commencer son set avec un remix de « Everybody’s Free » (devenu « Everybody’s Scream ») de Rozalla, et réussir à faire shaker le booty des plus virils des fans de screamo… Rien que pour ça, j’étais fan.

Parlons de ces connards de The Used maintenant. Oui, je sais, c’est peut-être un peu violent, mais la vérité c’est que je vénérais littéralement ce groupe. Depuis quoi… 10 ans ? Et ce jour-là, j’ai assisté au pire concert de ma vie, et laissez moi vous dire que j’en ai vue des merdes. Le seul moyen de reconnaitre leur morceau été de connaitre les paroles par cœur, et même là c’était encore compliqué. Même à 50 mètres de la scène, on pouvait entendre qu’ils massacraient The Taste of Ink. A vrai dire… C’est le seul groupe qui m’a réellement déçu sur ces deux jours de concerts.

Bref… Pour conclure, je dirais que le Groezrock c’est magique. C’est magique parce que pendant 48h, vous attérissez sur une autre planéte (avec des gens déguisés, des gens tatoués, des gens néerlandais), mais pendant 48h, vous en prenez plein les yeux et les oreilles. Parce que la magie du Groezrock, c’est que quoi qui se passe, vous aurez toujours des trucs de fous à raconter. Et des tas de CD à télécharger. On se voit l’année prochaine mon cher et tendre Groezrock… Ma chapka et moi, on en rêve déjà.