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Jeudi 18 juin, 11h. J’arrive à Gétigné pour récupérer mes accès bénévoles. Le week-end le plus attendus de l’année par toute une communauté d’amateurs de musiques dites «extrêmes» va commencer. Et pour moi, il se fera derrière la Main Stage 2, où je filerais un coup de main aux groupes pour décharger et s’installer sur scène.

Pour nous, les bénévoles, la première innovation est que l’accueil qui nous est réservé a été décalé. Nous devons parcourir quelques kilomètres vers le village d’à côté afin de récupérer nos pass. Ça nous permet de faire notre arrivée plus tranquillement, loin de l’agitation qui règne à l’entrée du site.

Après avoir récupéré mes accès, je file en direction du parking bénévole, idéalement placé, proche de l’entrée du festival. Le site n’est pas encore ouvert mais déjà les festivaliers sont nombreux, prêt à faire la course pour occuper le meilleur emplacement dans le camping ou pour avoir l’honneur de commander la première bière au bar du Metal Corner.

C’est justement vers le Metal Corner que je me dirige en premier, afin de saluer l’équipe pour laquelle je travaillais l’année précédente. Il n’est pas encore ouvert, les bénévoles ne sont pas encore arrivés. Seul le chef d’équipe est là, à faire le point sur ce qui est en place et ce qui ne l’est pas encore. Les tablettes Cashless ne sont pas encore installés, mais les tireuses sont ok.

 

Comme il n’y a encore personne, je me décide à faire un repérage des lieux, à l’intérieur même du site. je me dirige donc du Metal Corner à «Camdem», la reconstitution d’une rue bien rock n’ roll de la ville de Londres. Première constatation : la route qui sépare le camping du site a été coupée, il n’y a plus de passerelle pour les festivalier. Ça fera des efforts en moins, et moins de risques de voir de la viande saoule s’étaler le visage contre les marches au retour vers le camping. L’espace est encore en train d’être finalisé, à une poignée d’heure de l’ouverture au public. Le Xtrem Market n’a pas bougé, mais je n’y mettrais pas un pied du festival.

Je passe ensuite sous la nouvelle cathédrale de l’enfer, qui marque l’accès au site proprement dis. La réalisation est magnifique. Directement à droite une fois qu’on est rentré, je peux constater la nouvelle disposition de la Valley, de Altar et de Temple. Les deux dernières sont côte à côte, tandis que Valley est perpendiculaire. Elles sont toutes les 3 sous le même type de tente, et tout cela promet un meilleur son.

 

Les deux Main Stages sont magnifiquement décorées. Moonkey Ancrés, un tatoueur de la région, a réalisé les visuels qui ont étés assemblés à la taille des scènes. C’est coloré et ça change de ce qu’on connaissait. Le public accueillera positivement ces décorations, globalement.

J’en profite pour passer de l’autre côté et regarder comment tout est disposé, puisque c’est ici que je passerais la majorité de mon temps sur le week-end. Les premiers semi-remorques arrivent, les accès ne sont pas encore fermés. Avant de rejoindre mon équipe, je continue mon tour du site.

 

Un site vide, que les festivaliers n’ont pas encore investi. Ce qui me frappe, c’est les pelouses, parfaites. Elles devraient nous permettre de réduire un peu la quantité de poussière inhalée sur le week-end. La grande roue est en place. La warzone est encore en installation technique. L’ambiance y est déjà conviviale.

15H : on se met au travail derrière la Main Stage 2. Il faut monter les petites plates formes sur roulettes, sur lesquelles seront posées les batteries. Il faut aussi décharger une partie du matériel commun pour le week-end.
On en profite pour faire connaissance avec les autres bénévoles. La première journée n’est pas bien fatiguante, mais on termine assez tard, on a pas le temps de passer au Metal Corner voir jouer les potes de Malkavian. Ni aucun autre groupe d’ailleurs. Le lendemain, on travaille de 9h à 18h, alors on évite les excès.

 

Vendredi 19 juin, 9h : On arrive sur le site après une première nuit pépère. La nuit a dû être moins tranquille pour l’équipe technique de Slipknot, qui a installé toute sa scène, occupant une grande partie de l’espace disponible.

Pendant qu’on décharge les premiers groupes de la journée (Breakdust, No Return, etc.), l’équipe Slipknot travaille encore d’arrache pied et on est pas loin de prendre un peu de retard. L’équipe ultra pro du Hellfest gère la situation calmement et tout se passera bien pour le premier concert du festival sur la Main 2.

Les montages de plateaux s'enchaînent pendant la journée, et j’avoue ne pas avoir de souvenirs très clairs des groupes qui sont passés. À 18h, on file au bar VIP prendre la bière bien méritée. À 18h30, Motörhead commencent à jouer. Je file regarder un peu  côté public. L’impression laissée par le trio est que Lemmy commence sérieusement à sentir le poids des années d’excès.

Après une nouvelle pause dans l’espace VIP, me faisant louper Envy, j’assiste à mon premier concert sur la Warzone. Les Cock Sparrer envoient un set particulièrement apprécié par le public amateur de Punk Rock.

Le week-end étant encore long, j’abandonne la soirée sans même aller jeter une oreille aux Dead Kennedys ou aux Slipknot.

 

Samedi 20 juin : Après un premier coup de main donné vers 12h pour vider les semi-remorques de Faith No More et Manson, nous avons profité de l’après-midi pour nous reposer. Ce qui ne nous a pas permis de profiter des sets hardcore sur la Warzone (Vitamin X, Rise of the north star, etc.). À 18h, nous arrivons derrière la Main 2 pour prendre la relève. Sur scène, les excellentes L7 balancent un set comme on en faisait dans les années 90. Tout est cool, l’attitude, les chansons un peu délavées mais qui nous scotchent tant elles nous ramènent à une autre époque, etc. Pendant ce temps là, sur la warzone, Terror était en train de mettre le feu lors d’un set dont on a entendu parler.

À la fin de L7, c’est Slash qui prends le relais sur la Main 1. Comme nous avions notre plateau à changer, nous l’avons simplement vu descendre de scène. Je passe sur Killing Joke qui ne m’a absolument pas marqué, puis après mangé, nous mettons en place le plateau le plus élaboré du week-end, après les grosses machines que sont Slipknot et Nightwish. C’est de Faith No More dont il s’agit. Leur mise en scène consiste en un décor tout blanc (fond de scène, tapis), décoré par des pots (blancs) de fleurs en plastique toutes colorées, qui sont disposées tout autour. Même les roadies s’habillent en blanc pour l’occasion. Nous disposons donc l’ensemble sur le son des tubes de ZZ Top, qui jouent sur la Main 1. Puis Faith No More commencent, pour un des concerts qui aura marqué le festival.

 

C’est d’autant plus vrai que tout de suite après leur concert débute le feu d’artifice marquant les 10 ans du festival. Un magnifique feu d’artifice, impressionnant, soutenu par la musique de AC/DC (entre autre), et les images de précédentes éditions. On sent une émotion particulière dans le public. Une joie toute particulière d’être là.

C’est Scorpions qui prend le relais et enchaîne ses tubes, avant que Manson ne vienne clore la soirée dans une ambiance très particulière, assez malsaine, qu’il arrive à installer très rapidement.

 

 

 

 

Dimanche 21 juin : Preuve que cette édition n’est pas comme les autres, d’habitude, le dimanche, je le trouve un peu triste. On sent qu’on est à la fin du festival, et qu’on ne va pas tarder à rentrer chez nous. Mais cette année, je n’aurais pas ressenti le pre-blues-post-hellfest.

On est en place dès le matin pour accueillir les Iron Reagan et leur set trash hardcore qui était vraiment bienvenue pour commencer cette journée à fond.

Un peu plus tard, c’est Red Fang qui jouent sur la Main 1. Je me permet d’écouter 3 morceaux sur le côté de la scène. J’avais découvert ce groupe dans un précédent Hellfest et c’est vraiment top de pouvoir les voir jouer en Main.

De retour au boulot pour faire le montage de Dark Tranquillity, puis de Exodus sur fond de Hollywood Undead qui jouent sur la Main 1, on aura pas l’occasion de voir ni les mayennais de Birds in Row, ni les Snot, ni les Ramoneurs de Menhirs, qui on pourtant fait un énorme show sur la Warzone, invitant le public à envahir la scène. Un public bien trop nombreux pour la Warzone, qui souffre toujours de son entrée en goulot. Trop de monde à droite de la scène, un peu de place à gauche. Mais bien souvent les gens abandonnent en voyant à quel point c’est blindé prêt de l’entrée.

On est libéré de notre bénévolat à temps pour que je puisse voir les 3 dernières mesures du set des Wampas. Voir Didier au Hellfest aura été une des curiosités de l’année. Ma fin de dimanche se fera tout entière sur la Warzone, où passent The Exploited et NOFX. Rise Against ayant annulés (ce qui aura déçu grand nombre de spectateurs, dont je fais parti), NOFX jouent plus tôt, ce qui me permettra de rattraper un peu de sommeil avant d’aller bosser le lendemain.

J’ai été agréablement surpris par The Exploited, qui ont fini par faire monter une grosse partie du public sur scène également. Limp Bizkit, qui jouaient au même moment, on beaucoup fait parler d’eux, en particulier à propos de certaines reprises. J’aurais juste entendu, d’où j’étais après le set The Exploited, un bout du morceau qu’ils avaient fait pour Mission: Impossible à l’époque.

Enfin, NOFX arrivent prêt de la scène de la Warzone. Cette année, j’ai la chance de pouvoir les voir sur le côté de scène. Vu que je les vois au moins une fois par an depuis 5 ans, et bien que ce soit sans la moindre lassitude tant j’aime ce groupe, je suis content de pouvoir faire varier un peu l’expérience. Le set est carrément cool, le groupe de bonne humeur, ils déroulent un set finalement sans histoire. C’est comme à chaque fois, ça ravi les fans, ça ennuie les autres, et il faut pas se le cacher, ça vaut pas une de leur prestation du milieu des années 90.

C’est là dessus que je mettrais fin à mon Hellfest 2015, en captant juste un morceau de Korn sur le chemin du parking (Falling Away From Me il me semble).

Comme une grosse partie du public, j’attends maintenant patiemment l’édition 2016.

Fin.