Descente en enfer : HELLFEST 2016 (by Kasper & No' - 12/09/2016)

Cette année c'est la grande aventure, voiture en mode camping-car, premier gros festoch et donc, premier Hellfest. La route est partagée entre l' excitation du petit garçon descendant les escaliers vers le sapin de noël et la peur du grand bain dans les festivals en commençant par ce monstre français.
C'est tellement énorme que je me demande si mon corps va suivre et pouvoir tenir 4 jours en enfer, car il est à noter que ce ne sont pas loin de 170 groupes qui se partagent 6 spots sur plus de 15 hectares (ah merde j'ai oublié mes chaussures de rando, quel con). Dans ma tête tout se bouscule, tant personnellement que techniquement mais c'est seulement sur place que tout s'expliquera, si simplement, si vite, la lumière au bout du tunnel que sont ces kilomètres engloutis.

 

C'est donc dès le jeudi que nous arrivons, non sans peines, à nous installer sur un des multiples parking mis à disposition par l'orga (merci les gars). Clisson est déjà pris d'assaut et les accès au village se méritent , mais on s'en fout, ben oui c'est LE week-end.

Très vite donc je suis rassuré, le son de chaque scène est tellement intense qu'aucune ne gène l'autre, le décor est magnifique et indescriptiblement grand. On perd toute proportion, je me vois incapable de décrire, de juger de la surface du festival. Il fallait que je le vive pour enfin comprendre cette sensation décrite par mes amis.
Seul bémol à tout ça ( et l'orga s'en sera excusé très vite) les files d'attentes interminables pour charger les cartes « cashless » qui ne seront, oh surprise, pas acceptées par les stands pro. Énervé ? Ennuyé ? Oui un peu, je dois l'avoué, mais bon, l’ambiance restant bonne enfant, le temps passe plus vite pour la tête que pour les jambes. 

 

Nous avons eu du mal à établir le planning quand nous avons reçu le running order , tellement de groupes, tellement de bon noms, si curieux et envieux de voir les groupes que nous aimons, découvrir ceux dont on ne connais que le nom. Le week-end s'annonce donc physique, long, dur et chaud (un peux comme ma … hum ok heu..) car oui, la pluie n'a été présente que la nuit et à quelques petites occasions, histoire de rappeler que nous sommes dehors et puis de toute façon, cette dernière n'aura raison ni des festivaliers, ni du terrain extrêmement bien préparé.
Toute l'Europe est présente sur le site. Voiture, bus, train, moto, tout est bon pour venir à Clisson;)
Les kilomètres n'auront effrayé personne alors la pluie peut bien tomber un peux, ça ne fera danser certains que plus longtemps et puis ça lavera les campeurs courageux.

 

Bref, une déferlante de son tel que RAMMSTEIN / VOLBEAT / HALESTORM / ANTHRAX / TWITED SISTERS / SIXX AM / GOJIRA / NO ONE IS INNOCENT / MUNICIPAL WASTE / THE OFFSPRING / DROPKICK MURPHYS / HATEBREED / MASS HYSTERIA / LE BAL DES ENRAGES / NASHVILLE PUSSY / KORN / BRING ME THE HORIZON / SICK OF IT ALL / THE AMITY AFFLICTION / ATREYU / AUGUST BURN RED / TARJA TURUNEN / DRAGON FORCE / THE MELVINS / KILLSWITCH ENGAGE / ALL PIGS MUST DIE / LUDWIG VON 88 / BAD RELIGION / THE TOY DOLLS pour ne citer que les groupes que nous avons pu suivre sur scène. Des claques pendant 3 jours, l'occasion de découvrir avec les yeux qui pétillent les groupes qu'on attend. Un va et viens de tartes dans la tronche donc, entre le show spectaculaire de RAMMSTEIN, la performance retravaillé de KORN qui aura touché les aficionados du fest déçus l'an passé, l’énergie communicative des DROPKICK MURPHYS et BAD RELIGION par exemple générant des circle pits et des folies dansantes en front de scène. Et surtout pour le musicien que je suis, la proximité des groupes comme ATREYU que nous avons eu le plaisir de voir en séance dédicace, des gars simples et humbles qui te demandent ce que tu as aimé dans le show et se prêtent volontiers à une photo en délaissant quelques instants les signatures de cartes pour faire plaisir. C'est bête, mais c'est tellement agréable.

 

Les événements marquants du week-end seront bien sur le feu d'artifice tiré cette année en hommage à Mr Lemmy Kilmister sur fond de MOTÖRHEAD (of course) précédé d'une vidéo et d'un discourt de  Phil Campbell, guitariste du groupe suite à son apparition parmi les membres des TWISTED SISTERS pour deux reprises de MOTÖRHEAD. Cela n'aura pas manqué de marquer la foule, totalement extasiée surtout sur la fin du show pyrotechnique avec une surprise de taille, les lettres « RIP LEMMY » embrasant le ciel. Autant dire que les cris ont fusé, les cœurs se sont serrés et dans cette foulée, les points et les doigts \m/ en l'air, la foule s'est unie pour célébrer ce moment unique et viscéral.
Le passage de nos petits français de GOJIRA qui sortaient leur nouvel album « MAGMA » 2 jours plus tôt et nous proposaient donc quelques exclues. Groupe attendu au point de saturer les main stages et l'esplanade. Ils nous ont scotché et putain, c'était BON !!!

La présence aussi cette année de la gendarmerie dans l'enceinte du festival aura marqué quelques esprits et ça pour de bonnes raisons. Tout d'abord, s'ils n'avaient pas été vêtus de leurs uniformes, ça n'aurait fait aucune différence au sein du festival. Mais pour en avoir discuté, ces mêmes uniformes rassuraient justement certains suite aux attentats survenus pendant l'année, alors messieurs, pour ça et le travail fournit, MERCI !
On notera aussi l’anniversaire de Mario Duplantier (batteur de GOJIRA) qui apparemment n'avait pas envie que ça se sache, sans doute a t-il passé le cap de la trentaine. Le retour pas du tout mémorable des OFFSPRING au goût de mes oreilles (chant faux et problèmes de son) mais bon, ça fait toujours chaud au cœur quand même. Et puis, surtout, les au-revoir remarquables des TWISTED SISTERS avec la palme du back-drop le plus extrêmement … extrême..

D'ailleurs ce qui m'a le plus fait rire c’était le besoin de la majorité des groupes de nous rappeler régulièrement depuis quand ils sont présents via leurs back-drops numérotés et leur manière de dire « hé ! On est est la depuis XX putains d'année les mecs, et on va continuer » ou bien «  Bordel, on est toujours là, OK ?!? ». Chacun bien sûr aura utilisé sa méthode, dans l’extrême (à la limite du kitsch d'ailleurs) comme les TWISTED SISTERS qui au passage n'oublieront pas de saluer bien bas les terroristes de l'année à grand « FUCK YOU, fuck terorism, we're here and we'll be here for a long time... FUCK YOU ALL » , fun pour THE TOY DOLLS avec conféttis, bouteille de champagne géante et humour 100% anglais, ou pour faire comme les copains, tout simplement. [Note à moi même, faire un back-drop « since 2012 » pour mon groupe puisque c'est à la mode].

 

Bref un week-end sur un petit nuage, j'oublie de vous parler de certaines choses bien sûr mais je pourrais y passer des heures. Le Hellfest c'est le paradis du rockeur, métaleu, punk et de leurs amis curieux d'en entendre plus. J'ai pu voir enfin en live des groupes que j'aime, en découvrir d'autres et franchement quand on vous dit « quoi 200€ pour un festoch de merde !!!??? l'arnaque, mon pauvre » la réponse simple c'est «  oui 200€, pour 3 jours, soit 3x16 heures et un choix parmi plus d'une centaine de groupes. Quand on sait le prix d'un concert (entre 20 et 100€ pour les gourmands) 200€ pour 48 heures de show c'est quoi ? » Ben oui allé, 48h divisé même par 2 ça fait toujours 24 concerts (de 2h00) donc un minimum de ?? allé vous savez compter non ? … … Bon OK ça fait 480€ ( ben oui faut pas être trop con, 48:2=24 et 24x2 ben ça fait 48).
Enfin voilà, oui ça a l'air chère comme ça mais en fait si on tient compte de l'affiche, de la gestion et du fait que tout se passe extrêmement bien à Clisson, c'est quand même pas la ruine et puis ça ressource merde.
 

A la fin du week-end nous repartons donc vers d'autres aventures, la tête dans les étoiles avec les oreilles en moins, des fringues dégueulasses et une seule envie, prendre une douche bien fraîche.

La phrase de la fin, cachez les yeux des plus jeunes :

 

PUTAIN DE MERDE VIVEMENT LE PROCHAIN, QUE J'ME REPRENNE UNE GROSSE CLAQUE EN PLEINE TRONCHE.