NOFX / Self Entitled (by Matt - 30/11/2012)

Nico s'est attaqué à un "mythe" la semaine dernière, je vais m'attaquer à un autre ce soir. Et soyons clairs, pour moi c'en est vraiment un. Petit flashback milieu des 90s, avec mes potes (bisous les copains), on découvre pas mal de groupes punks. Parmi les premiers : NOFX (alors écrit NoFX) et Rancid. C'est surtout moi au début qui était fan de NOFX. Et ça reste pour moi une référence absolue dans le punk rock. Et ce pour plein de raisons. Si je devais en citer quelques-unes comme ça à la volée je dirais : leur influence sur la scène punk, les tubes énormes qu'ils ont sortis (The Decline), leur humour, leur engagement,... Bref tout un tas de trucs qui en font réellement un groupe mythique (pas comme l'autre vieux tas).

Bon et du coup qu'est-ce qu'on peut attendre d'eux après une carrière aussi riche ? Ben oui NOFX c'est quand même 12 albums depuis 1988, un paquet de concerts, une lutte de tous les instants contre les dérives de la religion, les délires de GW Bush et autres sujets qui les agacent. Alors qu'est-ce qu'ils ont bien pu nous sortir de nouveau dans cet album ? Euh... Ben... Pas forcément grand chose mais c'est pas un mal. Je m'explique. NOFX a depuis longtemps un vécu et une identité tellement affirmée qu'il est difficile de les imaginer faire des choses totalement en décalage avec l'histoire du groupe. Et puis bon, quand on a sorti "The Greatest Songs Ever Written (By Us)" qui contient quand même tout ce qui s'est fait de mieux dans l'histoire du groupe (Linoleum, The Separation of Church And Skate, Bottles To The Ground, Stickin In My Eye, Don't Call Me White, Kill All The White Man,...), ça devient difficile de faire mieux.

Est-ce que je suis en train de vous préparer progressivement à vous dire que cet album est nul ? Non pas du tout, mais il ne contient pas vraiment de surprises. On retrouve les ingrédients traditionnels du groupe : ça va vite, c'est drôle (le texte de Cell Out, la solution radicale pour obtenir la paix dans le monde dans 72 Hookers - oui je vous laisse chercher ^^), ça reste toujours aussi engagé (72 Hookers, I believe in Goddess). Et des tubes là-dedans ??? Difficile à dire, il y a vraiment des bons morceaux sur cet album. Des très bons mêmes. On peut commencer par les 2 premiers qui nous embarquent à grands coups de lattes à un rythme élevé. D'autant plus que le thème, déjà bien traité dans "Wolves in Wolves' clothes", permet à Fat Mike de faire encore parler son talent de song writter. Ensuite, on a le droit à l'efficacité de la simplicité : Ronnie & Mags. Même si le thème reste sérieux, la structuration du refrain donne une dynamique et une sonorité particulière au morceau :

Ronnie and Mags, Maggie and Ron
Let’s get together, build a neutron bomb
Maggie and Ron, Ronnie and Mags
Let’s go to Grenada, gonna fly our flags
 
C'est simple, efficace et ça reste en tête. Bref, ça marche ! Parmi les autres morceaux marquants de l'album, on notera pour les mêmes raisons (un refrain efficace, au cas où je t'aurais perdu) le titre Secret Society. Cell Out se démarque pour ses sonorités toutes particulières et l'humour des paroles. Dans la pure tradition NOFX et punk melo des années 90s on a aussi droit à un This Machine is 4 ultra efficace.

Alors quoi de neuf vous allez me dire ? Un truc m'a vraiment marqué : certains morceaux sont vraiment vraiment tristes. On va commencer par She didn't lose her baby. Fat Mike a toujours eu cette capacité à écrire des chansons dont les descriptions crues auraient pu ressembler à des exorcismes des thèmes évoqués. Ce titre est droit dans cette lignée. Je vous laisse juste le dernier couplet, tout le reste est du même acabit :

she never thought they’d take her baby
she didn’t even know that anybody could
and even though she was the only parent they
still took him from her arms for his own good

Et enfin, si je n'avais dû vous parler que d'une seule chanson de l'album, je vous aurai parlé de celle-là : I've Got One Jealous Again, Again. Ou comment exprimer en toute pudeur et avec recul la séparation. Il y a tellement de façon d'écrire sur ce sujet, que l'on peut au moins reconnaitre à Fat Mike l'originalité de sa composition. Après certains trouveront ça futile, moi ça me touche.

Donc voilà, c'est pas du grand NOFX, mais de toute façon NOFX c'est jamais mauvais.


Date de sortie : 11/09/2012
A écouter : 72 Hookers, Ronnie & Mags, I've Got One Jealous Again, Again
Si vous aimez : NOFX tout simplement
Site web : http://www.nofxofficialwebsite.com/